D'accord, en ce moment, je n'ai pas encore vu "Pee Wee's Big Adventure" que je viens juste de commander en dvd, mais je peux quand même dire que j'ai vu quasiment toute l'oeuvre de Burton. Donc, forcément, je peux voir, après tant de visons de ses fantastiques films (courts ou longs métrages), des petits "tics" du réalisateur. Par exemple, beaucoup ont remarqué la présence éternelle de personnages aux yeux noirs larmoyants entourés de cernes, de machines ou de maisons qui semblent sourire tel que Joker, de spiralles et de tourbillons, que ce soit dans le chocolat de "Charlie et la chocolaterie", la cravate d'Edward Bloom dans "Big Fish" ou encore la colline mouvante de "L'Etrange Noël de Mr. Jack"...
Mais il y a un autre "tic", peut-être plus personnel, qui occupe également une très grande partie de ses films : la présence des chiens !
Je sais que dans "Pee Wee", on voit un petit chien, mais je ne sais pas quel rôle il occpue encore. Car, dans les films de Burton, les chiens sont représentés de 2 manières possibles : soit ce sont des "Conciliateurs", soit des "Victime de son humour noir"... bon, si vous n'avez rien compris, c'est normal.
Je vais enfin m'expliquer et faire la petite analyse! ;)
Vincent

Vincent est le premier court métrange de Tim Burton, et malgré sa courte durée (6 min env.), c'est l'un de ses chefs-d'oeuvres les plus personnels et typiques, et également un sombre hommage à son acteur fétiche, le regretté Vincent Price (il fait d'ailleurs la voix inquiétante et ironique du sombre narrateur).
Vincent est un garçon tantôt mélancolique et retiré, tantôt un savant fou et terrifiant lorsqu'il se prend pour l'acteur Vincent Price. Il fait des expériences sur son pauvre chien pour en faire de lui une sorte de zombie... Cette petite anecdote du chien victime et malheureux est absolument de l'humour noir à la Tim Burton, car on le retrouvera sous d'autres formes dans d'autres films...
A savoir que le chien, petit, aux yeux globuleux peureux et au long museau pointu peut rappeler la bête suivante...
Frankenweenie

Dans ce court-métrage d'à peu près une demi-heure, on retrouve la seconde facette des chiens Tim Burtioniens : les Conciliateurs.
C'est l'une des histoires les plus étranges et émouvantes du réalisateur, dans laquelle un enfant, après la mort accidentelle de son chien adoré, le fait revivre comme l'a fait Frankenstein. Puis, après les tendres retrouvailles, le garçon doit le cacher d'abord des yeux de sa famille, puis de l'insupportable voisinage, terrifié par ce revenant et inventant des histoires tout à fait fausses concernant l'innocent animal...
La pauvre bête, qui se sacrifiera à la fin pour sauver son jeune maître, jouera dès lors un rôle net de conciliateur car, à partir de ce moment, l'enfant, sa famille et leurs voisins avec qui ils ne s'entendaient pas du tout vont s'allier pour refaire réssusciter une 2e fois le héros... et puisque c'est un Disney, tout est bien qui finit bien : tout le monde se réconcillie et rigole ensemble grâce au... chien !

Beetlejuice

On ne présente plus "Beetlejuice", l'un des films les plus importants de Burton, ou plus encore, du cinéma fantastique, qu'on aime ou on déteste.
En gros, "Beetlejuice" est une histoire de maison hantée à l'envers, où ce sont les fantômes d'un gentil couple trop parfait qui cherche à se débarasser des intrus qui pertrubent leur belle vie (heu... leur "belle" mort, plutôt...) dans leur adorable maison...Ici, aucun héros ne possède de chien, et peut-être que vous ne vous ne souvenez plus s'il y en avait un seul, tout au long du film...
Bref, pas de ouaf-ouaf dans ce résumé, mais si vous vous connaissez bien ce film, celui qu'a "déclenché" l'histoire est un cabot! Hé oui, encore un !
Moins tendre, moins intelligent et beaucoup moins présent que le héros à 4 pattes de "Frankenweenie", il joue pourtant aussi un rôle décisif de soit-disant "Conciliateur"; il est responsable de l'union des 2 "pôles", une sorte de "frontière à dépasser", si vous voulez.
Dans l'attendrissant court-métrage canin, c'est grâce au chien que les ennemis de l'histoire deviennent amis. Ici, c'est à cause de la bête que le couple plein de vie qui perd la vie et se voit dans un autre monde. Et tout changera... pour le pire !

Edward aux mains d'argent

Aaaah, voici mon préféré ! Le bellissime "Edward aux mains d'argent", considéré à juste titre dans le monde entier comme l'un des plus beaux films de tous les temps ! Bon, j'arrête des éloges, sinon je ne finirai jamais... maintenant, parlons chiens !
Pour la petite histoire, Edward est un jeune homme vivant seul dans un château, inachevé depuis la mort de son père-inventeur, et qui un jour se mêle au monde "normal" (qui n'est pas si normal que ça, vu la stupidité et la méchanceté des citoyens...)
Lors de la 1ère partie, les gens du village sont intrigués par ce nouveau venu ténébreux et timide. Certains sont même très enthousiastes, mais Edward n'est pas encore très mêlé à eux... puis, voilà qu'il se met à tondre le chien de Joyce, une voisine qui a le feu aux fesses.
A partir de là, Edward devient une star et coiffe toutes les femmes et tous les chiens de la ville. Il sera invité dans des show télévisés, toutes les femmes parlent de lui, tout le monde parlera s'intéresse à son personnage et, bien entendu, tout cet univers, cruel et profiteur, lui retombera dessus et la fin sera bien malheureuse...
Encore une fois, le chien est un "Conciliateur" entre le "rejeté" et toute la société. C'est à partir de là que l'histoire d'Edward évolue vraiment jusqu'à dégénérer... pauvre Edward! 
Et puis, lorsqu'il se retrouvera tout seul, assis sur le trottoir juste après avoir blessé sans faire exprès celle qu'il aime, un bon gros chien le rejoindra. Edward lui coupe sa gênante frange devant ses yeux, et la bête semble plutôt contente, ce qui redonnera le sourire au héros en l'espace de quelques secondes dans un monde où il n'aurait jamais retrouvé sa place, mise à part dans les rêves de neige...

Family Dog
Si vous avez plus de 18 ans, vous vous souvenez peut-être de cette géniale mais hélas trop courte série (10 episodes seulement!!!!) produite par Spielberg et Burton (si, si... les 2 monstres sacrés du cinéma à la fois!).
Au niveau design, on est à mi-chemin entre les "Animaniacs" et les dessins de Burton, surtout concernant le chien, omniprésent. Il ressemble beaucoup à la plupart des chiens dans les films de Tim : petits, yeux ronds, museau pointu, air un peu tristounet...
En tant qu'amatrice de bonnes vieilles séries animées des années, je dois dire que "Family Dog" était vraiment une des meilleures jamais diffusées ! Et pour cause : un thème musical dément de Danny Elfman dont il a le secret, une animation fluide, simple mais agréable à suivre, des histoires tordantes, une famille américaine typique, donc drôle, satyrique et parfois idiote sur les bords, et... ce chien ! ^ ^

(Quelle bonne bouille, quand même...)
Bref, méfiez-vous de ce sourire crispé style Chat du Cheshire, ce chien est le héros malheureux de cette famille d'abrutis qui ne font que de l'engueuler et le négliger pour tout et pour rien. "Family Dog" est une critique de la société américaine, de la consommation et du politiquement et familialement-correct, vu à travers les yeux innocents d'un simple chien qui, mine de rien, semble bien plus réfléchi que ses propriétaires.
Malheureusement, la production de cette excellente série animé s'est vite estompée et Youtube.com reste le seul endroit où vous pouvez encore regarder des bribes de "Family Dog" en VO...
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